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Météo

L'église paroissiale de Plouzané (XVIIIème siècle)

Leglise 03'église que nous connaissons aujourd'hui a été édifiée entre 1775 et 1781 sur les plans de Pierre-Joachim Besnard, architecte des Ponts et Chaussés, plus habitué au génie civil ou militaire qu'à l'architecture religieuse.

Le porche principal avec ses colonnes doriques et son fronton triangulaire est à la fois sévère et monumental. Il porte le clocher élancé, successivement cylindrique, carré et octogonal, mais d'une grande sobriété contrastant avec les dentelles de granit habituelles dans la région.

La nef est longue et rectiligne, rythmée par sept paires de piliers de granit soutenant une voûte en plein cintre sans fioriture. Le sol est constitué d'un beau dallage de granit, parmi lequel on retrouve quelques anciennes pierres tombales reconnaissables à leurs inscriptions. Le chevet de l'église en demi-cercle rappelle les formes d'un ancien temple païen, lui même intégré dans l'église qui menaçait ruine à la fin du XVIIIème quand on décida de la démolir et de rebâtir l'église que nous connaissons.

Jeux de lumières

De part et d'autre du chœur, on retrouve deux petites chapelles. Dans chacune se trouve une grande statue en bois polychrome. Au nord, on reconnait Saint Sané, évêque irlandais, évangélisateur de Plouzané, patron de la paroisse et à qui est dédiée l'église. C'est dans cette chapelle que l'on trouve le fond baptismal datant de la fin du XVIIème siècle. Au sud, la Vierge présente la particularité d'être couronnée de lumière : la récente rénovation de la niche dans laquelle elle se trouve a en effet permis de dégager une couronne d'étoiles percées dans le mur et qui permettent à la lumière du soleil de venir illuminer la statue.

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L'autre élément de décoration remarquable est le grand autel, lui aussi en bois polychrome, sur lequel on retrouve le Christ entouré des quatre évangélistes, accompagnés de leurs symboles traditionnels : Saint Mathieu et un ange, Saint Jean et son aigle, Saint Luc et son taureau, Saint Marc et le lion.

L'église a subi les outrages de la guerre. Et d'importants travaux de remise en état ont été nécessaires après le retour à la paix. En particulier, les vitraux, détruits par les bombardements de 1944 ont été remplacés en 1946, avant d'être une nouvelle fois démolis par l'explosion de l'Ocean Liberty en rade de Brest le 28 juillet 1947.

Ainsi, cette église reste pour tous un lieu de mémoire qui rappelle une époque où la vie était rythmée, au gré des circonstances, par le son des cloches: égrenant les heures, appelant quotidiennement à l'Angelus, accompagnant les deuils dans le glas, donnant l'alerte avec le tocsin, ou battant à la volée pour les grandes occasions.

1905 : un inventaire particulier

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Jusqu'en 1905, Eglise et Etat étaient intimement liés. La loi de séparation des Eglises et de l'Etat du 5 décembre 1905 a posé les bases de la laïcité d'Etat, s'appuyant sur deux principes: l'Etat garantit la liberté de conscience et d'exercice du culte, mais il reste neutre et ne salarie ou ne subventionne aucune religion. Mais après des siècles de concordat, séparer ce qui relève de l'autorité civile de ce qui appartient au domaine religieux ne va pas toujours de soi, surtout dans le très catholique Léon. Une des dispositions les plus controversées de la loi concerne les "inventaires". En effet aux termes de la loi, tous les biens de l'Eglise (églises, presbytères, mais aussi objet du culte), deviennent propriété de l'Etat, lequel, après inventaire, doit les mettre à disposition des associations cultuelles dont la loi prévoit également la création. Pour de nombreux catholiques, l'inventaire, pratiqué jusque dans les tabernacles des églises par les autorités fiscales et administratives, est une agression. En Bretagne en particulier, ils se passent mal et sont marqués par de nombreux incidents.

Ainsi, le 19 novembre 1906, le percepteur de Saint Renan venu procéder à l'inventaire de l'Eglise de Plouzané se heurte à un groupe de plusieurs centaines de Plouzanéens, et doit rentrer à Saint-Renan sans avoir pu pénétrer dans l'église. Deux jours plus tard, c'est accompagné d'une dizaine de gendarmes et d'une cinquantaine de chasseurs à cheval venus d'Alençon qu'il revient à Plouzané.

Il faudra faire usage de la force pour écarter un à un les paroissiens qui s'opposent fermement à l'inventaire et pour enfoncer la porte de l'Eglise !