Les trois vies du Fort du Mengant (XVIIème siècle)

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Le fort du Mengant, situé entre celui du Dellec et celui du Minou, fait partie du dispositif de défense du goulet de Brest imaginé et conçu par Vauban.

Il fut construit dès 1694 face à la batterie de Cornouaille, située sur la presqu'île de Roscanvel. Les deux bastions sont situés au niveau du passage le plus étroit du goulet et ne sont distants que d'un peu plus de deux kilomètres. En les plaçant ainsi en vis-à-vis, l'objectif était de permettre à ces deux batteries de barrer de leurs feux, l'entrée de la rade de Brest et donc, l’accès au port militaire et à son arsenal.

A sa construction, la forteresse était composée de deux parties :

Au vu des marques relevées sur certaines d’entre elles, il semble que la plupart des pierres de taille ayant servi à la construction proviennent de l’Aber Ildut.

En temps ordinaire, le fort était gardé par un officier de marine et deux maîtres-canonniers. En période de guerre, les activités pouvaient réquisitionner jusqu’à 273 hommes.

Deux siècles plus tard, c’est l’anse à l’Est de ces forts qui est aménagé : En 1866, trois casemates sous merlons (l’ensemble est parfois appelée « Batterie du ravin ») sont édifiées sur la rive pour abriter 4 canons de 320 et leurs stocks d’obus pesant 400kg chacun ! Puis, en 1878, le ministère de la marine a souhaité créer au Mengant un abri pour des canots porte-torpilles permettant d'adapter la protection du goulet aux nouvelles menaces, notamment celles des cuirassés. À cette fin, une digue est construite, formant un petit port abrité. Enfin, en 1895, la plate-forme est équipée d’un puissant projecteur de 90 cm de diamètre et mobile sur un wagonnet.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent les lieux  et construisent quelques blockhaus. Trois projecteurs type « DCA » sont mis en place. Ils étaient alimentés par une petite « usine électrique » autonome, installée dans la falaise et qui desservait également des casernements disposés près de l’actuel Poney-Club et détruits récemment.

Au fil du temps et des évolutions technologiques, le fort du Mengant perd sa vocation de défense.

Dans les années 1960, la partie haute a été utilisée pour des essais de radars de frégates. C’est de cette époque que date l’imposante rampe reliant, à l’Est, le nouveau petit port abrité à la partie haute du fort : un funiculaire permettait d'acheminer les plus gros dispositifs à tester et qui arrivaient par la mer.

Après avoir été longuement utilisé par le club nautique de la Marine à Brest, l’ensemble est désormais géré directement par la Préfecture maritime et sert exclusivement aux activités militaires. Classé monument historique le 29 janvier 2014, il va faire prochainement l’objet de travaux de « dévégétalisation » et de confortement.

Nos sincères remerciements à M. Jean-Claude Tual, « gardien » du fort, pour sa précieuse collaboration à cet article.

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