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Témoignage sur la transformation du monde rural

Agriculteur, conseiller municipal, conseiller régional, élu professionnel au sein d’organismes agricoles, mais aussi poète ou chanteur à ses heures, Jo Lareur demeure une figure de notre commune, dans la lignée de sa famille oùjo lareur l’on a été maire de père en fils … de 1865 à 1971 !  Au cours d’une brève rencontre, il nous commente son dernier ouvrage traitant de l’évolution du monde agricole.

Dès le début de la conversation, Jo insiste : « Jusqu’à la seconde guerre mondiale, le monde agricole vivait malheureusement dans des conditions et selon un mode et que l’on pouvait qualifier de moyenâgeux ». Chez les petits exploitants soumis à une existence sans perspective, la vie se déroulait dans une lutte permanente avec des moyens dérisoires : « le blé était coupé à la main ! ». Dès l’âge de sept ans, les enfants gardaient les vaches au champ. A dix ans, les garçons conduisaient les chevaux tractant la charrue.

C’est dans les années 50 que la modernisation de l’agriculture va s’opérer : « Le changement a été très rapide ; d’abord sur le plan mécanique, avec l’arrivée des premiers tracteurs ».  Jo se souvient que, juste après la guerre, c’est son père, Paul, qui a acquis le premier tracteur de la commune, « un Ford Ferguson, une marque américaine ! ». S’il évoque également l’arrivée, à la même époque, des premiers engrais et de la sélection des espèces, Jo souhaite souligner l’apport de son engagement à la « JAC », la  Jeunesse Agricole Chrétienne. Ce mouvement national de jeunesse, fondé en 1929 dans le Finistère, était piloté par de jeunes prêtres et fut, pour beaucoup de jeunes paysans, un tremplin : « Les réunions, les formations ou les loisirs organisés permettaient de sortir du carcan familial, de voir ailleurs et de découvrir d’autres façons de travailler la terre : une véritable école de la vie ! ». Les parents étaient méfiants, le clergé était divisé, les propriétaires terriens craignaient cette ouverture vers le monde mais au final, de nombreux jeunes prenaient conscience de leur valeur, s’affirmaient et même, s’épanouissaient.

Les années 60 voient naître une certaine forme d’optimisation avec la mise en place des comptabilités, l’installation de coopératives ou le développement des services techniques : « Des techniciens passaient 7 à 8 fois par an sur les exploitations pour présenter les nouvelles façons de travailler et les nouveautés dans le monde agricole ».

Mais, d’après Jo, l’évolution qui s’est poursuivi dans les décennies 70-80 ne s’est pas suffisamment interrogée sur ses conséquences. Le remembrement ou le développement des engrais ont impacté l’équilibre écologique. Jo convient qu’entre les exigences de rendement et celles de préservation de l’environnement, la situation n’est pas simple. La question reste d’actualité…

Pour approfondir : Ouvrage « De 1900 à nos jours – La transformation du monde rural » par Jo Lareur. Editions Récits.